Prison St Anne 2014

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I – L’HISTOIRE :

La prison sainte Anne, située au cœur d’Avignon, n’est plus en activité depuis mars 2003. En juin 2014, je me rends dans cette prison pour voir une exposition. A l’intérieur, je suis abasourdi par l’atmosphère, les murs… les couloirs… les portes… les grilles… Tout est à l’abandon depuis le transfert des prisonniers vers la nouvelle enceinte carcérale du Pontet.  Une âme est restée en suspens. Je ne vois rien de l’expo.

Il y a beaucoup de monde autour de moi, mais j’ai l’impression d’être seul face à ce lieu qui me raconte des choses que je ne comprends pas. Je prends des photos…

De retour chez moi, j’observe ces prises de vues. Puis, motivé par le besoin de découvrir cet univers, je décide de contacter un ancien détenu et un ancien surveillant de cette prison, afin de recueillir leurs témoignages pour chaque photo.

Les deux rencontres se produisent.

Tout d’abord avec un ancien détenu. Ce n’est pas évident. J’ai une appréhension avant de partir pour le lieu du rendez-vous : un bar qu’il a choisi. Il est là, avec quelques copains. On s’isole. Il n’est pas très bavard. Puis je sors les photos. Arrêté pour braquage à main armée, il a passé un an à St Anne avant d’être transféré à la prison des Baumettes à Marseille. Devant lui, les photos sont posées en quinconce, des émotions ont l’air de l’envahir. Il commente une quarantaine de photos. Pendant près de deux heures, je ressens aussi beaucoup d’émotions, déclenchées par le regard porté par cet homme sur ce sujet. Son récit est plein de réflexions, d’interrogations, d’aveux, de constats, de peurs. La peur de replonger un jour m’avoue-t-il.

Puis quelques semaines plus tard, je rencontre un ancien surveillant de St Anne, Max Léon, toujours en activité à la prison du Pontet. Il me parle avec passion de sa vie professionnelle. Il ressent encore beaucoup d’attachement pour ce lieu et cette ambiance si particulière, presque familiale me dit-il… Beaucoup d’anecdotes… quelques évasions, des bagarres, des traumatismes, mais aussi des partages et des amitiés naissantes entre détenus et « matons ».

 

La rencontre avec ces deux personnes m’offre plusieurs commentaires et une vingtaine de photos choisies en commun. Chaque fois, deux regards différents donc deux commentaires différents pour une même photo…

II – LE PROJET :

Je décide alors de proposer au lycée Alexandre Dumas à Cavaillon, où j’enseigne, d’organiser un atelier autour de cette expérience. Le projet est mis en place avec des élèves de Première bac Pro maintenance des véhicules. Ces élèves vont, à leur tour, commenter chaque photo, sans avoir eu connaissance du travail réalisé en amont avec l’ancien détenu et le surveillant. Cet atelier est animé par mesdames Bruel Danièle (intervenante), Roby Katy (enseignante en français) et Appy Fabienne (documentaliste). 

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III – L’EXPOSITION

 

En juin 2015 Expo « de l’autre côté ». Les images sont affichées dans le forum du lycée avec, sous chacune d’entre elles, trois commentaires : Ancien détenu, surveillant et élèves. L’expo est composée de 25 photos de 30 cm x 30 cm sur des supports de 5 mm d’épaisseur sur support PVC Forex.Les titres, « Ancien détenu », « Ancien surveillant » et « Elèves », ont été codés par A, B et C pour permettre une réflexion autour de « qui a dit quoi ?». Cela permettra à la plupart des élèves du lycée de découvrir le milieu carcéral grâce à ce concours avec pour support un QCM. Les 10 élèves qui auront le maximum de bonnes réponses auront droit à une visite privé de la prison accompagnés de quelques professeurs ainsi que Max Léon cet ancien surveillant de la prison et le responsable du patrimoine Avignon…

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Max Léon

IV – OBJECTIFS

  • Le premier objectif était la quête personnelle de découvrir l’univers carcéral. Que se passe-t-il « de l’autre côté » de ce mur que je connais depuis mon enfance ?

 

  • Le deuxième objectif, après avoir rencontré l’ancien détenu et l’ancien surveillant, fût de partager cette expérience avec mes élèves. Pour leur exposer les vérités que j’avais recueillis et pour débattre sur ce sujet. Peut-être avoir un effet dissuasif pour certains jeunes ?

 

  • Le troisième objectif, aujourd’hui est de partager cette expérience avec un public plus large. Cela permettrait de parler d’un métier méconnu, d’exposer des regards différents pour un même « image », De libérer la parole : Qu’est ce que la liberté pour chacun d’entre nous ? De s’imaginer : « de l’autre côté » ?

 

Max Léon (toujours en exercice à la prison du Pontet) qui a participé à ce projet, à pu se déplacer au lycée lors de la 1ère expo et raconter les incroyables histoires de la vie carcérale qui l’ont marqué. Et partager la passion qu’il a eu pour son métier « surveillant à la prison Sainte Anne ». Février 2015.

L’ancien détenu, qui a témoigné sur ces images, a voulu garder l’anonymat.

V – QUIZ "Qui a dit quoi ?" Prison Sainte Anne